FreelanceInformatique.com

Le blog d’un ingénieur freelance JAVA-JEE

En tant qu’indépendant (surtout si vous êtes fraîchement freelance) il est important de ne pas s’enfermer dans une solitude d’entrepreneur, vous risquez de vous poser 1001 questions à se retourner le cerveau concernant la gestion d’entreprise, sur l’état du marché du travail, sur les évolutions technologiques, etc.

Il est important de rester en contact avec différentes personnes avec qui vous avez travaillé et surtout ne pas avoir peur d’aller à la rencontre de nouvelles personnes. Internet c’est sympa, on peut tout faire depuis chez soi, mais rien ne vaut une mise en relation réelle et humaine pour :

  1. partager son expérience avec des personnes ayant un quotidien similaire au votre. Vous aurez beaucoup à apprendre et pourrez également partager votre vision et la confronter à la réalité d’autres independants, partager les bonnes astuces et les pièges à éviter, etc.
  2. être à l’écoute d’opportunités intéressantes : les freelances sont sur le terrain au quotidien et parfois les premiers à être au courant de nouvelles opportunités. Un freelance que vous connaissez qui travaille sur un projet où on recherche des développeurs vous mettra volontiers en relation avec le responsable d’équipes. Et si vous trouvez un bon candidat à un de vos clients, croyez moi vous laisserez une bonne image de vous !
  3. passer un moment convivial : ne l’oublions pas, les rencontres de réseautage sont aussi un moyen de passer un peu de bon temps autour d’un verre histoire de décompresser un peu et couper du travail.

Je relaye par exemple l’initiative de Dominique qui organise de temps en temps des rencontres entre freelances à Paris. Pour plus d’infos vous pouvez rejoindre le groupe facebook créé à cette occasion (dont je n’ai plus le lien sous la main …)

L’organisation de ces Freelances’Corner est une très bonne chose qui devrait se développer de plus en plus dans les mois à venir.

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Pour une EURL la règle est simple : toute dépense faite sur le compte de la société doit pouvoir se justifier et doit être liée à l’activité de la société.

Par exemple dans mon cas ma société à comme activité principale l’informatique. Pas question donc de se payer une tondeuse à gazon aux frais de la société ! Quoique, si vous arrivez à justifier que l’achat de cette tondeuse s’est fait en relation avec votre activité dans ce cas là c’est bon, mais bon courage pour le faire !

Dans tous les cas il faut impérativement garder les factures afin de justifier les dépenses lors d’un éventuel contrôle.

Mes frais sont les suivants :

  • le déjeuner : ne pas oublier de récupérer une note à chaque repas précisant le montant du repas, la date et le montant de la TVA. Vous pouvez inviter d’autres consultants mais il faut penser à écrire leur nom derrière la note (je ne saurai dire pourquoi, mais bon il faut le faire)
  • le transport : les dépenses liées à ma carte de transport se font sur le compte de la société
  • le téléphone : l’achat et l’abonnement de téléphone portable passent sans soucis dans les frais
  • internet : difficile de se passer d’internet pour bosser de nos jours, c’est encore plus vrai dans l’informatique !
  • matériel informatique : ordinateur portable, disque dur, et tout ce qui touche à l’informatique
  • mon comptable
  • les frais bancaires
  • vous en voyez d’autres ?

Je me pose une question concernant le matériel informatique : sachant que la PS3 est compatible Linux et donc une sorte d’ordinateur dédié au jeu, je me demande si je peux faire passer l’achat de cette console dans mes frais. Bah oui, j’ai bien envie d’utiliser une PS3 comme plateforme de développement et uniquement pour cela, c’est pour le bien être de mon activité … pour mieux travailler … développer … non non je ne mens pas ;-)

http://www.lire-et-ecrire-cmb.net/Note%20de%20frais.jpg

Bien qu’en augmentation constante, le nombre de freelances en régie chez les clients est encore minoritaires par rapport aux prestataires salariés. Forcement un indépendant au milieu de l’open space c’est l’occasion de poser toutes les questions concernant ce choix de carrière dont on entend de plus en plus parler : quels sont les avantages, combien ca rapporte, quelles démarches, …

Il peut donc arriver qu’à partir de ce premier témoignage concret certains décident de franchir le cap et de se mettre à leur propre compte également.

Mais pousser (volontairement ou non) un prestataire à devenir indépendant c’est également faire perdre un prestataire à un client, votre client ! A l’heure ou il est difficile de trouver des ressources qualifiées il est délicat pour un client de perdre une bonne partie des compétences parce qu’un prestataire sur lequel il avait l’habitude de s’appuyer décide de quitter le navire après avoir discuté avec le petit nouveau qui se trouve être freelance.

Faut-il pour autant ne jamais parler de son statut d’indépendant pour éviter de faire mauvaise impression auprès de son client ? Y a t-il un risque d’être considéré comme la mauvaise herbe si vous exposez votre expérience ?

Pour ma part, sans pour autant la crier sur tous les toits je ne cache pas ma situation. Lorsque j’étais en période de réflexion j’étais bien heureux de trouver réponses à mes questions auprès d’autres indépendants et il parait normal aujourd’hui de partager mon expérience (via ce blog notamment).

Cela dit j’essaye de nuancer mes propos et ne pas tomber dans le prosélytisme car devenir indépendant c’est d’abord un choix personnel et il ne faudrait pas rentrer dans un discours simpliste du style “ce que je fais est juste, vous avez tort de ne pas le faire”. J’apporte mon témoignage mais je n’essaye pas de convaincre, après tout on est censés être assez grands pour prendre des décisions.

J’évite également de ne pas transformer mon témoignage en conférence en open space sur ma vie de freelance. Les discussions se font plutot autour d’un café, plus discret et convivial. Et si quelqu’un démissionne suite aux informations que j’ai données ? Rien de dramatique, cela fait parti de la vie d’une entreprise et je pense qu’avec ou sans mon témoignage cette personne aurait finit par partir, je vois mal un client venir vous reprocher qu’il y ait trop de turn over dans le marché de l’informatique !

Rien de bien secret dans le status de freelance, c’est quelque chose de nouveau sur le marché de la prestation et c’est normal que cela attise la curiosité. Répondre aux questions fait partie du jeu mais il convient de respecter les règles de bonnes conduites habituelles, l’objectif n’est pas de se faire remarquer absolument sinon le client risque effectivement de ne pas trop aimer !

Pour finir, les indépendants ne forment pas un club secret qui se donne rendez-vous dans des parkings désaffectés et dont le règlement serait : “la 1ère règle de l’indépendance : il est interdit de parler de l’indépendance” ;-)

Fight Club

 PS : certaines SSII ou cabinets de placements peuvent vous placer chez le client en vous présentant en tant que salarié et en vous demandant de ne pas dévoiler votre status. Personnellement je refuse, si un jour on me demande je préfère jouer la transparence plutôt que de cacher les difficultés de recrutement d’une SSII. Heureusement je n’en suis pas là.

Histoire de ne pas rester sur une mauvaise nouvelle, voici une nouvelle un peu plus réjouissante pour les développeurs freelance JAVA.

Lu sur Le Monde Informatique, la demande pour des missions JAVA/J2EE est toujours aussi importante. Cela est plutôt bon signe pour les personnes actuellement en freelance dans ce domaine et même rassurer celles qui envisagent de se lancer prochainement.

Je ne sais pas quel crédit on peut donner à ce genre de classement, mais tant que ça nous dit ce qu’on veut entendre on va pas s’en plaindre ! ;-)

freelance java

En lisant les témoignages de freelances sur le site Biologeek j’ai décidé de me préter également à l’exercice en reprenant les même questions. Silence, moteur, action !

Quelles étaient vos motivations initiales ? Actuelles ?

Au départ salarié, j’étais dans une période où j’avais besoin de changement. Je voulais profiter du fait que j’allais changer de boulot pour casser cette dépendance que je pouvais avoir avec une hiérarchie et un schéma un peu trop classique à mon goût. Pour pimenter mon quotidien j’ai donc décidé de me prendre en main et donc de passer freelance.

Quelles étaient vos plus grandes craintes ?

Que ça ne prenne pas. Je me suis lancé sans avoir de connaissance dans la gestion d’entreprise et une impression d’avancer dans le flou. Dans ce cas là soit en renonce, soit on prend une grande inspiration et on se dit “allez on avance et on verra bien ! ”

Quels conseils clés donneriez-vous à quelqu’un souhaitant se lancer ?

Si l’envie de se lancer est vraiment là alors il faut le faire. Il vaut mieux se lancer maintenant que passer sa vie à se demander si on en est capable ! Et surtout il ne faut pas laisser les autres décider à votre place.

Une fois que la décision de se lancer est prise il faut y aller à fond !

Il ne faut pas hésiter à poser des questions et demander des conseils, on apprend beaucoup de l’expérience des autres.

Comment organisez-vous vos journées ? Comment gérez vous l’isolement ?

Je travaille en régie chez mon client donc je ne suis pas isolé du tout car je fais partie d’une équipe de développements.

Toute la semaine je suis donc chez mon client, le soir ou le week-end j’en profite pour m’occuper de la paperasse liée à ma société, faire de la veille ou bosser sur des projets persos.

Quelle solution juridique avez-vous choisi ? Pourquoi ?

EURL à l’IS.

J’hésitais entre une EI et une EURL mais compte tenu des perspectives de développement et d’après les conseils d’autres indépendants j’ai finalement opté pour une société.

Je suis également du genre à bien séparer ma vie professionnelle de ma vie personnelle, le choix d’une société me convient donc parfaitement : je vis ma vie et ma société vie la sienne ;-)

Quels sont vos objectifs/perspectives d’avenir ?

Continuer à faire vivre mon activité pour que cela dure le plus longtemps possible et essayer de développer mon activité. J’ai divers projets en cours, d’autres qui trottent dans ma tête, on croise les doigts pour que cela se concrétise !

Un dernier mot ?

Aucun regret pour le moment, c’est quelque chose qui mérite d’être vécue. Les craintes que j’avais au début se dissipent peu à peu et je sais qu’il y a encore beaucoup de choses qu’il me reste à voir (en espérant que ça ne soit que positif !).

Je reste cependant convaincu que la réussite d’une société se mesure dans la durée, donc même si les débuts son prometteurs il ne faut pas baisser sa garde !

Pourquoi certains prestataires informatiques ne se lancent-ils pas en freelance ?

La question mérite d’être posée car a priori un ingénieur, surtout s’il a de très bonnes compétences dans son domaine,  devrait très bien s’en tirer en tant qu’indépendant. Que ce soit en entretien technique et au cours de sa mission, ce genre de prestataire à toutes les clés en main pour effectuer un travail satisfaisant pour son client (et donc gagner sa confiance pour une éventuelle future mission).

Un bon ingénieur salarié fait-il un bon ingénieur indépendant ? Pas si sûr.

Tout d’abord il semble évident que tout le monde n’a pas forcement envie de monter sa propre activité et que si la vie de salarié convient parfaitement à une personne alors il est compréhensible qu’elle n’ait pas d’envie de changer.

Quand est-il alors des personnes qui vivent mal leur vie de prestataire salarié (pas de reconnaissance du travail, mauvaise relation avec la SSII, …)  ? N’est-il pas contradictoire de continuer à évoluer dans un système qui empêche tout épanouissement personnel/professionnel ?

Une solution (qui existe depuis des lustres) face à ce genre de situation est de changer d’employeur : on efface tout et on recommence et on jure qu’on ne refera pas les même erreurs. Jusqu’au jour où …

Une autre solution (qui se développe de plus en plus) est de se lancer en freelance. Mais quand on se lance en freelance on sait ce qu’on perd (congés, chomage, RTT, mutuelle, sacro-saint CDI que les banquiers aiment tant …) et on n’a aucune garantie contractuelle concernant ce qu’on va pouvoir gagner. Quel intérêt de prendre de tels risques ?

C’est un peu comme faire un saut en parachute pour la première fois :

  • il y a ceux qui imaginent le scénario catastrophe (le parachute ne s’ouvre pas, le crash à l’atterrissage) et qui finalement font machine arrière : mieux vaut prévenir que guérir, je prends pas de risques donc j’ai pas mal
  • il y a ceux qui une vision plus optimiste (des millions de personnes l’ont déjà fait sans égratignure, pourquoi pas moi) et qui se lancent, avec une petite trouille au ventre certes mais ils  se lancent : je prends le risque mais ça vaut peut être le coup.

Les deux réactions sont compréhensibles et il n’y a pas de solution meilleure que l’autre, tout dépend de l’état d’esprit de chacun et il faut se lancer quand on se sent prêt.

Alors être freelance (et entrepreneur en général) ce n’est pas seulement une question de compétences techniques, c’est aussi un état d’esprit, non ?